J'étais rentrée tôt à la maison, et le trouvai prostré sur le canapé. Il me regarde affolé et me dit: "j'ai perdu ELLE", comme s'il me demandait de compatir à sa douleur.
Et en ce moment là j'ai pensé, oui, peut-être qu'elle ne veut plus de LUI, peut être que cette histoire est vraiment finie. Mais je n'étais pas apaisée: ce n'était pas fini pour LUI en tous cas.
Mais surtout, j'ai pensé qu'il ne me regardait sûrement pas comme pouvant être perdue par LUI. Je n'étais pas perdable. Je n'étais pas un bien précieux.
Je ne me suis jamais sentie aussi transparente.
C'est peut être sûrement ce jour là où j'ai commencé à baisser les bras, ce jour là où j'ai commencé à me dire que peut être que je me sentirais mieux s'il partait en effet.
Avant je me battais pour le reconquérir ou pour qu'il m'aime. Après, j'ai commencé à voir un autre combat possible: me battre pour qu'il me perde, ou, plus précisément, pour qu'il sente la perte. Parce que si il commençait à sentir la perte, alors cela voulait dire que j'existerais.
Bizarrement je cesse d'avoir envie de LUI. Nous sommes dans le même lit, mais je n'ai plus ce désir que j'avais de nouveau ressenti dans la peur de son départ. Il dit que son appartement est prêt mais il ne part pas tout de suite, comme s'il avait besoin de temps. La nuit, il se serre contre moi. Il annonce que c'est pour mercredi. Il a prévu une derrière soirée ensemble. J'invite des amis. Il ne comprend pas, et il part avant le dîner.
Je sens qu'il a envie de m'appeler, de me parler. Mais pour qu'il me perde il ne doit plus pouvoir me parler. Il voudrait pouvoir venir quand il veut dîner avec nous. Mais ce n'est plus possible. Parfois je me laisse aller et je lui parle: je me me laisse prendre par la tentation de cette oreille attentive. Qui d'autre que lui peut comprendre cet incident avec ma famille, ou comme j'ai aimé ce photographe, ou avoir cette conversation sur un ami commun, ou, tout simplement, sur nos enfants. C'est comme un robinet qui ne demande qu'à s'ouvrir, et que je referme aussitôt. Ce robinet est dangereux pour moi. Et pour lui, il n'y a plus droit. C'est ma résolution, je m'y tiendrai, je serai forte, car c'est à cette condition que je peux exister à ses yeux.
Je le vois guetter mes désarrois, comme s'il attendait ce moment où j'aurais besoin de lui, ou je l'appellerais pour lui demander un service. Est-ce de l'orgueil de sa part? Car il continue à courir après ELLE et ne s'en cache plus. Il l'explique en disant que lui-même ne comprend pas, mais qu'il ne peut pas s'en empêcher. Il me parle comme à une amie, mais je ne veux pas être son amie. Je suis une ancienne amante, et ma dignité c'est justement que nous sommes fachés.
Deux ans plus tard, une de mes amies qui vient d'être quittée par son mari prend un café avec LUI. Elle lui dit comme elle souffre d'avoir perdu en la personne de son mari non seulement un amant mais surtout son meilleur ami. Il parle de moi, il dit que je ne veux plus le voir, que apparemment cela ne m'a pas côuté de perdre mon meilleur ami à moi. Il ne comprend pas comment j'ai pu le sortir de ma vie comme cela. Elle lui dit qu'elle comprend que je ne lui pardonnerai jamais, comme elle ne pardonnera jamais à son mari de l'avoir trahie.
Ainsi donc il ressent bien qu'il m'a perdue. Je pouvais être perdue moi aussi, ou bien il n'y croit toujours pas..il se dit qu'il gagnera au final.
Il dit qu'il ne comprend pas: c'est qu'il ne mesure pas l'effort que j'ai du faire. Il ne se rend pas encore bien compte de ma force, et combien je lutterai pour qu'il s'avoue vaincu, pour qu'il avoue enfin qu'il m'a perdue
Alors je retrouverai ma dignité.
je viens de tomber sur votre blog et c est les yeux plein de larmes que je vous dit merci de mettre des mots sur ma douleur
Rédigé par: gisounette | 25/09/2007 à 22:58
Pareil... exactement ce que j'ai ressenti...
Rédigé par: Bulle | 25/10/2007 à 22:23
bonjour
tes textes sont beaux et parlent bien
à bientôt
salva
Rédigé par: salva | 28/12/2008 à 00:26