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Lecture: La première épouse, de Françoise Chandernagor

La_premiere_epouse Je vais devenir la spécialiste des lectures sur les femmes quittées..non, je ne lis pas que cela.

Quelle histoire différente de la mienne que celle de cette femme Catherine qui a toujours été trompée et a vécu avec cela pendant trente ans. Je ne peux m'empêcher de penser: quelle différence alors, est ce que cela n'a pas été une souffrance continue? N'est elle pas finalement soulagée?

Non, elle souffre. Elle était habituée, le contrat avait toujours été clair. Elle aimait le côté séducteur en lui. Elle aimait être la préférée. Elle fermait les yeux, elle ne cherchait pas d'ailleurs à savoir. Il lui racontait. Elle se sentait à part. Quatre enfants, une écrivain célèbre et reconnue, trente ans.

Et pourtant, il lui dit: "tu ne me regardais plus Catherine".

Il est tombé amoureux d'un regard amoureux sur lui.

Quelques réflexions fortes de ce livre que je note. Il faudra que j'y réfléchisse et que j'y revienne:

- "on prétend que la jalousie naît toujours avec l'amour, mais ne meurt pas avec lui". Non pour moi elle n'est pas née avec l'amour, car je ne pouvais imaginer un amour avec la trahison. J'étais dans mon cocon dans mon déni. Mais cette jalousie tellement forte qui est venue avec ces événments incongrus par leur nouveauté et leur violence, était-elle liée à mon amour pour lui? Je ne pouvais les imaginer ensemble, je ne pouvais supporter de le savoir avec ELLE.  Aujourd'hui encore cela m'étouffe quand je l'apprends par accident. Oui, la jalousie ne meurt pas avec l'amour.

- "le ressentiment a son revers encore plus honteux: l'espoir". Combien de temps ai-je continué à espérer? Est-ce que j'espère encore? Je pensais que le divorce pourrait clore tout cela et mettrait fin à l'espérance. Et pourtant, je ne me sens pas indifférente. Quand je sais que je vais le voir, je me maquille. Dans mes exploits, mes voyages aventureux, n'y a t-il toujours pas une part en moi qui cherche encore à l'éblouir? Est-ce pour qu'il m'aime ou qu'il me regrette? Aujourd'hui je me raccroche au divorce: je n'ai pas fait toute cette procédure pour rien, tout ce chemin, ces efforts pour l'éliminer. D'ailleurs qu'est ce qui a changé? Rien. A ma connaissance, il lui court toujours après. Alors je me raccroche à elle comme à un alibi.

"mon livre, surtout si elle ne le lit pas, sera dans sa vie ce qu'elle même fut dans la mienne: une présence invisible mais partout sensible, un poison dans l'air qu'elle respire". C'est ce qu'elle était oui, présente dans ses pensées à lui, présente par ses SMS. Je voudrais empoisonner son air mais non par mes mots ou mes écrits, mais par ses regrets à lui de sa vie d'avant. Car il peut le dire aujourd'hui, il y a des choses qui lui manquent. Je ne le laisse pas parler. Je ne veux pas le savoir. J'ai peur de quoi? J'ai peur qu'il ne parle pas de moi mais des choses, de l'appartement, des enfants, de nos amis, de nos voyages. Quand elle m'avait parlé elle avait dit qu'elle avait souffert de son "attachement à sa maison". Elle n'avait pas parlé de moi, elle avait nié mon existence,  m'avait ravalée au rang d'élément d'un grand ensemble, sans valeur propre. A quoi bon le laisser parler, puisque la seule chose que je voudrais l'entendre dire il ne peut pas la dire. Je préfère imaginer qu'il le pense, et alors je me dis qu'il ressent la perte. Et alors j'existe, et alors c'est "ma présence à moi qui est partout sensible, et qui est un poison pour elle".

  -  "aujourd'hui encore je me demande à quel moment précis nos routes se sont séparées, quel croisement j'ai manqué"...La première fois qu'il la rencontrée, ce week-end en Bretagne tous les quatre avec les enfants, quand ils sont devenus amants....il y a eu un moment où il s'est passé une étape irréversible..."mais je veux, moi, pouvoir quelque chose! Je préfère me sentir coupable qu'impuissante". Moi aussi j'ai pris toute la responsabilité, parce que je me pensais capable de tout, mais c'était aussi leur nier leur liberté à eux, c'était oublier qu'il y a des choses qui se passent en dehors de nous

- "l'homme de ma vie ne sera pas l'homme de ma vieillesse"...J'avais peur que la mort nous sépare, parfois je serrais son corps pour en profiter, pour bien le sentir réel et vivant. Autre chose nous a séparé. Je voyais notre vie en construction, nous apprendrions ensemble, nous aurions un chemin de vie et de découverte, nous en parlerions plus tard "çà ne te fait pas penser à cela"?  Cela c'était ma vie, mais ne sera pas ma vieillesse. Est-ce que cela me fait peur? Je me dis pour me rassurer, qu'après tout, comme certains déjà autour de moi, je n'aurai sûrement pas de vieillesse.

- "je ne puis aimer celui qui engage sa vie à une femme aussi vulgaire de corps et d'esprit"...Elle a trouvé des lettres que cette femme avait écrites à son mari, et avais trouvé des fautes d'orthographes. Elle l'écrivain célèbre est quittée pour une femme qui ne sait pas écrire. Oui, une histoire de Reine. Oui, son amour pour ELLE, qui avait attisé mon amour pour lui au tout début (car c'était la preuve qu'il existait finalement, il y avait quelque chose d'autre que je n'avais pas vu en lui) a fini par m'éloigner de lui. S'il peut l'aimer elle, alors il n'est pas pour moi.  Elle l'écrivain célèbre, mérite quelqu"un qui sait l'aprécier.

"je lui pardonnais ses fredaines, il me pardonnait mes succès..." Il la fait pleurer, il l'a fait payer..le fait qu'elle ait eu une vie à elle, le fait que c'est elle qu'on reconnait dans la rue....et LUI aussi m'a fait payer, en laissant l'appartement sens dessus dessous quand je rentrais tard, en me laissant ses notes à payer et ses affaires à ranger...quand, après m'avoir reproché mon manque de fragilité, il m'attaque et attend de moi que je sois forte. Oui j'ai racheté sa part d'appartement, et n'était ce pas ce qu'il attendait de moi, comment aurait il réagi si nous avions du mettre Versailles en vente et le céder à des inconnus?

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Commentaires

Je ne sais pas mais, un type qui m'aurait transformé mon appart en souk, (et exprès en plus), je ne le regretterais pas, je pense.

Enfin, c'est plus complexe que cela. J'ai quitté moi quelqu'un, initié le divorce, pour des raisons X et y, dont la violence...
Et tout à fait erronément, j'ai commencé à me dire qu'il m'avait poussée dehors. Enfin, c'était réel, de fait, mais je n'avais pas attendu qu'on me quitte: j'ai pris les devants.

Je me demande si la clef de nos problèmes avec les hommes n'est pas un mauvais angle de vision: nous voulons mieux les connaître et les comprendre dans leur différence. Nous ferions mieux d'apprendre à nous connaître nous-mêmes. Je suis persuadée qu'il y a quelque chose d'essentiel à découvrir là, et là seulement...

Je viens de découvrir ce "blog", enfin plutôt ce petit bout de vie. J'ai lu quelques articles, malheureusement je n'ai pas le temps de tout reprendre depuis le début. Toujours est-il que ce que vous vivez, j'en ai vécu quelques bribes, et je comprends. J'ai compris le besoin de savoir ce que ELLE signifiait exactement pour lui, et j'ai vécu le fait qu'il veuille garder mon amitié. Chose horrible et invivable, je le conçois. J'ai essayé, sans succès, l'espoir était toujours présent.Je ne sais pas non plus combien de temps cet espoir reste, et si cette envie qu'IL regrette n'est pas plus une question de fierté qu'autre chose. J'ai même tenté de lui faire pitié... Puis j'ai simplement décidé de couper les ponts, même si quelquefois j'ai envie de l'appeller ou de lui écrire un SMS, je ne le fais pas. Je crois qu'on est toute les mêmes sur certains points. On aime pas l'échec, les projets tombés à l'eau et on s'appuie trop sur IL, croyant qu'il sera toujours présent, mais quand il s'en va, on se retrouve seule, vide et sans savoir quelle direction suivre, ou quel comportement adopter. Et surtout, comment gérer sa peine, parce que c'est LUI qui nous la faisait passer avant. Les histoires d'amour sont compliquées, et c'est la raison pour laquelle j'ai cessé de croire en une relation stable et trop durable, je ne crois plus non plus à la fidélité, et j'en suis venu à me dire que, de nos jours, c'est un fait normal, et qu'il faut essayer de vivre avec. Le désir est humain, l'amour aussi, mais ce sont deux choses différentes, qui parfois se marient bien. Finalement c'est pas si dur de vivre sans quelqu'un, il suffit de se rappeller comment on était avant LUI, et de retrouver ses marques. L'amour ne reste qu'un simple état d'esprit, ce n'est pas une souffrance physique, il n'y pas de pommade, mais juste une remise en question sur la vie et la relation qu'il y a eut. Et le pourquoi du comment? A quoi bon le trouver, le résultat sera toujours le même.

Je découvre ce blog. Plusieurs mois sans note. Sans doute avez-vous trouvé l'amour. Je vous le souhaite de tout mon coeur.
Amitié

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