Je vais devenir la spécialiste des lectures sur les femmes quittées..non, je ne lis pas que cela.
Quelle histoire différente de la mienne que celle de cette femme Catherine qui a toujours été trompée et a vécu avec cela pendant trente ans. Je ne peux m'empêcher de penser: quelle différence alors, est ce que cela n'a pas été une souffrance continue? N'est elle pas finalement soulagée?
Non, elle souffre. Elle était habituée, le contrat avait toujours été clair. Elle aimait le côté séducteur en lui. Elle aimait être la préférée. Elle fermait les yeux, elle ne cherchait pas d'ailleurs à savoir. Il lui racontait. Elle se sentait à part. Quatre enfants, une écrivain célèbre et reconnue, trente ans.
Et pourtant, il lui dit: "tu ne me regardais plus Catherine".
Il est tombé amoureux d'un regard amoureux sur lui.
Quelques réflexions fortes de ce livre que je note. Il faudra que j'y réfléchisse et que j'y revienne:
- "on prétend que la jalousie naît toujours avec l'amour, mais ne meurt pas avec lui". Non pour moi elle n'est pas née avec l'amour, car je ne pouvais imaginer un amour avec la trahison. J'étais dans mon cocon dans mon déni. Mais cette jalousie tellement forte qui est venue avec ces événments incongrus par leur nouveauté et leur violence, était-elle liée à mon amour pour lui? Je ne pouvais les imaginer ensemble, je ne pouvais supporter de le savoir avec ELLE. Aujourd'hui encore cela m'étouffe quand je l'apprends par accident. Oui, la jalousie ne meurt pas avec l'amour.
- "le ressentiment a son revers encore plus honteux: l'espoir". Combien de temps ai-je continué à espérer? Est-ce que j'espère encore? Je pensais que le divorce pourrait clore tout cela et mettrait fin à l'espérance. Et pourtant, je ne me sens pas indifférente. Quand je sais que je vais le voir, je me maquille. Dans mes exploits, mes voyages aventureux, n'y a t-il toujours pas une part en moi qui cherche encore à l'éblouir? Est-ce pour qu'il m'aime ou qu'il me regrette? Aujourd'hui je me raccroche au divorce: je n'ai pas fait toute cette procédure pour rien, tout ce chemin, ces efforts pour l'éliminer. D'ailleurs qu'est ce qui a changé? Rien. A ma connaissance, il lui court toujours après. Alors je me raccroche à elle comme à un alibi.
- "mon livre, surtout si elle ne le lit pas, sera dans sa vie ce qu'elle même fut dans la mienne: une présence invisible mais partout sensible, un poison dans l'air qu'elle respire". C'est ce qu'elle était oui, présente dans ses pensées à lui, présente par ses SMS. Je voudrais empoisonner son air mais non par mes mots ou mes écrits, mais par ses regrets à lui de sa vie d'avant. Car il peut le dire aujourd'hui, il y a des choses qui lui manquent. Je ne le laisse pas parler. Je ne veux pas le savoir. J'ai peur de quoi? J'ai peur qu'il ne parle pas de moi mais des choses, de l'appartement, des enfants, de nos amis, de nos voyages. Quand elle m'avait parlé elle avait dit qu'elle avait souffert de son "attachement à sa maison". Elle n'avait pas parlé de moi, elle avait nié mon existence, m'avait ravalée au rang d'élément d'un grand ensemble, sans valeur propre. A quoi bon le laisser parler, puisque la seule chose que je voudrais l'entendre dire il ne peut pas la dire. Je préfère imaginer qu'il le pense, et alors je me dis qu'il ressent la perte. Et alors j'existe, et alors c'est "ma présence à moi qui est partout sensible, et qui est un poison pour elle".
- "aujourd'hui encore je me demande à quel moment précis nos routes se sont séparées, quel croisement j'ai manqué"...La première fois qu'il la rencontrée, ce week-end en Bretagne tous les quatre avec les enfants, quand ils sont devenus amants....il y a eu un moment où il s'est passé une étape irréversible..."mais je veux, moi, pouvoir quelque chose! Je préfère me sentir coupable qu'impuissante". Moi aussi j'ai pris toute la responsabilité, parce que je me pensais capable de tout, mais c'était aussi leur nier leur liberté à eux, c'était oublier qu'il y a des choses qui se passent en dehors de nous
- "l'homme de ma vie ne sera pas l'homme de ma vieillesse"...J'avais peur que la mort nous sépare, parfois je serrais son corps pour en profiter, pour bien le sentir réel et vivant. Autre chose nous a séparé. Je voyais notre vie en construction, nous apprendrions ensemble, nous aurions un chemin de vie et de découverte, nous en parlerions plus tard "çà ne te fait pas penser à cela"? Cela c'était ma vie, mais ne sera pas ma vieillesse. Est-ce que cela me fait peur? Je me dis pour me rassurer, qu'après tout, comme certains déjà autour de moi, je n'aurai sûrement pas de vieillesse.
- "je ne puis aimer celui qui engage sa vie à une femme aussi vulgaire de corps et d'esprit"...Elle a trouvé des lettres que cette femme avait écrites à son mari, et avais trouvé des fautes d'orthographes. Elle l'écrivain célèbre est quittée pour une femme qui ne sait pas écrire. Oui, une histoire de Reine. Oui, son amour pour ELLE, qui avait attisé mon amour pour lui au tout début (car c'était la preuve qu'il existait finalement, il y avait quelque chose d'autre que je n'avais pas vu en lui) a fini par m'éloigner de lui. S'il peut l'aimer elle, alors il n'est pas pour moi. Elle l'écrivain célèbre, mérite quelqu"un qui sait l'aprécier.
"je lui pardonnais ses fredaines, il me pardonnait mes succès..." Il la fait pleurer, il l'a fait payer..le fait qu'elle ait eu une vie à elle, le fait que c'est elle qu'on reconnait dans la rue....et LUI aussi m'a fait payer, en laissant l'appartement sens dessus dessous quand je rentrais tard, en me laissant ses notes à payer et ses affaires à ranger...quand, après m'avoir reproché mon manque de fragilité, il m'attaque et attend de moi que je sois forte. Oui j'ai racheté sa part d'appartement, et n'était ce pas ce qu'il attendait de moi, comment aurait il réagi si nous avions du mettre Versailles en vente et le céder à des inconnus?
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