Ségolène Royal, François Hollande.
Il avait donc une histoire, de son côté à lui. Cette femme je ne l'aime pas, mais comme je l'admire. Car ses difficultés je les connaissais.
C'est elle qui dans une interview a utilisé ce mot "condescendance", en parlant d'un haut fonctionnaire avec qui elle avait travaillé quand elle était ministre et qui l'avait attaquée. Diable elle a nommé cette attitude a laquelle je suis si souvent confrontée et qui me glace dans mon travail. Cela me paralyse, je deviens comme une petite fille. Ce qui a un nom existe, et grace à elle je peux maintenant identifier ce comportement, le nommer. Alors la faute est sur l'autre, je suis libérée, je peux garder confiance en moi.
Attaquée, ridiculisée, elle s'est nourrie de la force négative des autres pour avancer. Un peu comme au judo on utilise la force de l'ennemi pour se battre. Moi qui peux me décourager, moi qui ai tant de fois peur d'oser, elle me donne l'exemple en me disant qu'il faut y aller quand même, il faut rassembler son courage. C'est un devoir finalement, il faut être là pour défendre les causes auxquelles on croit, les autres comptent sur vous.
Je la vois tellement pleine d'énergie ce soir du débat, où pour la première fois, moi qui ne l'aimais pas physiquement, je la trouve radieuse et belle. Je me dis que cela fait plusieurs mois qu'elle est en campagne, qu'elle a peu dormi, beaucoup voyagé, qu'elle en a pris plein la tête. Et la voilà radieuse, oui, elle est radieuse.
Et voilà que j'apprends qu'elle s'est fait plantée: l'homme qu'elle aimait a du trouver auprès d'une femme inférieure à elle ce fameux "regard amoureux" dont LUI parlait quand il racontait son histoire avec ELLE.
Je suis sûre qu'il se dit que c'est sa faute à elle, qu'elle ne l'a pas assez aimé. Qu'il ne se sentait plus admiré, car les caméras étaient sur elle. Elle n'avait pas de temps pour lui...
Bref au lieu de l'admirer pour ce qu'elle a fait on lui dit qu'elle n'en a pas fait assez, ce n'est jamais assez bien, quatre enfants, présidente de région, candidate du PS, non, vraiment, elle n'en n'a pas fait assez.
On pense que c'est en étant meilleure à ce qu'on fait qu'on gagne l'amour des autres et bien non. Au contraire on est puni.
Peut être lui a-t-il dit aussi qu'elle n'avait pas besoin de lui. Car elle est forte, et les gens forts ne sentent pas.
Me voilà qui projette mon histoire vous diriez. Cette femme n'a rien à faire de ta compréhension. Elle n'en a rien à faire de cette séparation.
Mais pourtant je sais que ce n'est pas parce qu'on est fort qu'on ne sent pas. Je sais ce que c'est quand on vous quitte pour une femme qui a pris pour différentiateur le fait de ne pas réussir les choses aussi bien que vous. Je sais ce que c'est d'être mise au ban des accusées pour que l'autre puisse se sentir moins coupable. Quand le monde se retouve tout à coup sans dessus dessous, que les repères ont disparu.
Je me sens une reine, car je sais que ce sont les choses qui arrivent aux reines.
C'est étrange... sans le faire exprès, je passe toujours ici quelques jours à peine après vos notes... pourtant rares... je suis là tapie dans l'ombre depuis 1 an et 1/2, date de ma séparation... et je confirme... non pas que nous sommes des reines, mais des femmes courageuses, oui, entières, honnêtes, loyales et vraies.. et que nous pouvons marcher la tête haute...
Rédigé par: Tristana | 25/06/2007 à 16:52
Je comprends ce que vous dites, puisque c'est à peu près ce que ma femme a ressenti lorsque, moi aussi, j'ai trouvé en une autre ce "regard amoureux" que je ne ressentais plus...
Je comprends le sentiment d'injustice. Et pourtant... je ne crois pas que ce soit vraiment vous qui étiez remise en question, mais bien LUI qui avait besoin d'autre chose.
Quelque chose que, malgré tout ce que vous pouviez apporter déjà, était peut-être hors de vos possibilités. Ce n'est pas renier ce que l'autre apporte que de le trouver ailleurs... même si c'est perçu ainsi.
Votre histoire, comme celle de ma femme, comme celle de toutes ces femmes (ou hommes) qui se sont senties délaissées pour une autre, me touche et me fait mal...
Rédigé par: | 27/06/2007 à 22:36
moi aussi cette femme je ne l'aime pas en fait je ne la déteste pas mais elle m'avait émue lors de son débat et je la trouvais belle! elle doit souffrir c'est pourquoi elle a eu la force de se battre alors que ses détracteurs ne la valaient pas!
Rédigé par: | 21/07/2007 à 19:50
J'ai beau être jeune, et en couple avec une femme, je me reconnais dans ce que vous dites =). Quel dommage que le sentiment d'amour soit si proche de celui d'humiliation...
Rédigé par: Jamiel | 26/06/2008 à 12:58