Juste un petit mot pour vous dire que vos commentaires et les mails que j'ai reçus sur ma dernière note m'ont beaucoup beaucoup touchée. Je n'avais pas écrit depuis tellement longtemps, cela m'a fait vraiment plaisir de savoir que vous pensiez à moi.
Ce jour du 27 Mars a été une déception, mais qu'est ce que j'attendais? Du soulagement peut-être, mais je ne suis pas sortie soulagée du tout.
La partie dans le couloir était cocasse. Cela ressemblait à un couloir de chambre de bonnes, et pas du tout à un tribunal. Il y avait des couples là dans la salle d'attente de fortune. On ne peut s'empêcher de les regarder, d'essayer de reconstituer leur histoire. Se détestent-ils? Peuvent-ils encore se parler? On essaie d'imaginer ce qu'ils se trouvaient. Car après tout ces gens se sont aimés, ils ont cru l'un en l'autre. C'est surprenant de penser que nous sommes tous là pour la même chose, pour mettre fin à nos rêves et nos histoires. Etrange solidarité que celle de l'échec. Nous avons tous un peu honte, nous ne nous regardons pas, nous baissons les yeux et regardons n'importe quoi.
Devant le juge, c'etait comme devant le banquier. Elle a lu la convention, a posé quelques questions. Elle a noté que je gagnais plus que LUI, et que pourtant nous prendrions les dépenses des enfants moitié moitié. Elle voulait etre sure qu'il ne reviendrait pas devant elle pour réclamer. J'aurais pu lui dire, (mais comment aurais-je pu le dire?) que c'est en partie à cause de l'attention que j'ai porté à ma vie professionnelle qu'il a pensé que je ne l'aimais pas et que je ne l'admirais pas assez. J'aurais pu dire que justement mon argent il l'a rejeté, pour partir avec une femme qui parce qu'elle n'en avait pas en semblait d'autant plus fragile mystérieuse et attractive. Donc comment aurait-il pu en etre autrement de ce partage? Heureusement il a dit lui meme qu'il ne pouvait en etre autrement, que tout autre accord était impossible. Je n'ai pas eu à parler.
En sortant, nous sommes allés prendre un café, et là tout à coup j'ai eu envie de pleurer. Et j'ai vu qu'il avait le regard mouillé aussi. Mais heureusement, nous avons parlé des enfants, et nous avons trouvé le moyen de nous accrocher pour savoir laquelle de deux activités possibles était la meilleure pour ma fille. Cette discussion m'a énervée, enfin la façon dont il me parlait, donc je lui ai dit merci car cela me remettait bien en mémoire pourquoi nous divorcions, pourquoi çà n'allait plus entre nous.
Nous nous sommes levés, il m'a accompagnée vers le metro, et j'ai eu envie de pleurer encore. Il m'a offert son épaule, et je me suis blottie dedans, mais elle était étrangère, elle ne faisait plus le même effet qu'avant. Je pensais que c'etait une epaule dont il fallait se mefier car elle faisait du mal aussi. J'avais envie d'arreter, mais il me serrait fort et m'en empêchait. Quel effet me serrer lui faisait il? Est-ce qu'il sentait la meme chose qu'avant? Est-ce qu'il pensait que moi aussi je pouvais lui faire du mal?
Nous avons pris finalement un deuxieme cafe. et alors il m'a dit qu'il pensait que je devais faire attention pour etre toujours belle, ne plus jamais me laisser aller. Il fallait que je m'aime. Tout allait tellement mieux pour moi et pour les autres quand j'etais belle et que je m'aimais. Il a dit qu'il regrettait de n'avoir pas plus exigé cela de moi. Il a répété plusieurs fois qu'il fallait que je fasse du sport.
Pourquoi tout cela? J'ai du mal a savoir si cet homme me veut du mal ou du bien. Si on lui posait la question il dirait du bien, il voudrait donner l'impression au monde et à lui même qu'il est grand seigneur. Mais y a t il quelqu'un qui est capable de me faire plus de mal que lui? Cet homme a directement accès à ce qu'il y a de plus sensible en moi, il a le pouvoir de me toucher, de trouver là où çà fait mal. Il en use malgré lui, des petites remarques, le fruit de petits agacements, peut etre pour prouver qu'il a encore du pouvoir sur moi. Il faut un enorme bouclier entre moi et lui.
Je ne suis pas soulagée, cette relation finie est au coeur de ma vie. Tant qu'il pourra me toucher encore.
Ce qui commence, se finit... Ce n'est pas une équation certaine, mais la probabilité est tout de même d'une chance sur deux... Cela arrive à des femmes et à des hommes aussi..
Vous avez du courage de regarder cette blessure béante au coeur de votre vie. Je ne saurais pas dire si vous en guérirez un jour. Ce que vous avez vécu, jamais vous ne l'oublierez.
Vous n'êtes pas fautive d'avoir vécue. Il a fauté d'avoir manqué de vous parlé avant... Par ses mots et ses attentions, il se décharge de sa lâcheté de n'avoir pas su assumer ses responsabilités envers vous.
C'est fini. Ne le regardez plus comme celui que vous avez aimé ou que vous aimez encore. Il vous blessera tant que vous aurez encore des sentiments pour lui...
Votre combat vous honore.
Rédigé par: Chevalier | 29/04/2007 à 12:35
Ce petit récit est criant de réalité.
Vous êtes douée pour retranscrire les choses. Ceci, personne ne vous l'enlèvera.
Rédigé par: Jamiel | 26/06/2008 à 13:02