Penser NEGATIF la vie avec LUI
Quand LUI m'a annonce pour ELLE, il a dit comme tous ces longs derniers mois il ne se sentait plus heureux. Moi j'ai protesté, j'ai évoqué au contraire nos meilleurs moments: j'ai dit que c'était ces moments-là qui étaient notre vérité à nous, pas les moments de ces derniers mois. Je me suis accrochée à LUI comme si notre relation était idéale, je me suis mise à l'aimer encore plus, et le sentir se détacher n'en a été finalement que plus douloureux.
Un ami m'a donné ce conseil pour m'aider à supporter la douleur: il a dit qu'il fallait "penser NEGATIF". Penser négatif, c'est prendre conscience 1/ que ces derniers longs mois étaient aussi une vérité de notre relation 2/ que finalement je l'ai nié mais j'étais mal moi aussi.
Là où j'étais le plus mal je crois ce sont tous ces petits instants où j'avais l'impression de l'exasperer. "Comment peut on se tromper de route", ou "comment peux-tu demander aux enfants qu'ils t'aident à débarrasser la table, ou qu'ils débarrassent leurs jouets du salon?". L'assiette sale que l'on depose dans l'évier plutot que de la mettre dans la machine, comme si la tâche ultime m'était définitivement attribuée. Le dos qu'on me tourne dans le lit en se couchant. Un geste d'enervement et de mépris devant une amie car je l'interromps dans le feu d'un récit. Ou bien la certitude de savoir que quand je rentrerai ce soir du travail, la maison sera déjà sans dessus dessous, il ne marquera aucune joie de me voir, au contraire, il me regardera d'un air énervé parce que je rentre trop tard. Et c'est vrai.... que je n'avais plus envie de rentrer.
Toutes ces petites épingles. On ne s'en rend pas compte, car on ne connait plus la vie sans. S'habituer à ce que l'autre soit exaspéré par soi, c'est s'habituer à ne plus mériter le respect des autres, c'est s'habituer à ne plus s'aimer soi.
Quand il est parti, c'est parti avec LUI. Je me suis habituée de nouveau à ce que les gens me parlent avec gentillesse, avec respect comme si j'étais une personne normale. Quand je rentre le soir, je sais que les enfants vont me saluer avec gentillesse (ils sont contents que je rentre), que la maison sera propre. J'ai vraiment envie de rentrer. Quand je fais une étourderie, les autres en rient autour de moi, comme cela se doit: c'est un accident de la vie.
Penser NEGATIF la vie avec LUI, Penser POSITIF la vie sans LUI.


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