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LUI et MOI selon ELLE : ma rencontre avec ELLE peu de temps après qu’il m’ait dit pour eux.

Ange

Une de mes premières réactions, après qu’il m’aura dit pour EUX, fut le dégoût physique (je l’imaginais toute nue, toute maigre, dans toutes les positions, avec LUI, avec moi..). Et bien sûr la colère. En était-ce vraiment une pourtant, une vraie ? Car il y avait aussi, comme une peur panique : j’avais peur de la rencontrer dans la rue, je la voyais partout, je me cachais à l’école en accompagnant mon fils le matin.  LUI disait : « c’est ridicule . »

Il y a eu une question à régler à propos de nos deux enfants qui étaient amis. LUI voulait que j’appelle moi. C’était une erreur. Je l’ai fait.  Elle m’attendait à l’école, elle a voulu aller boire un café.

Bizarrement, elle pleurait, et moi pas.  Je devais me sentir forte face à elle, et pourtant, je venais encore me mettre à sa disposition, sous son contrôle, et je ne me suis pas du tout protégée encore. Et elle, voulait-elle me faire mal ? Elle pleurait de son inconfort à elle, elle pensait à elle. Elle ne pensait pas à moi, sinon j'imagine qu'elle aurait compris le mal qu'elle était en train de me faire. Ses petites phrases ont tourné dans ma tête depuis des milliers de fois, comme ces petits poignards volants chinois.

Elle a parlé avec cette assurance de la femme aimée : elle était la femme légitime. Mes 19 ans avec lui, notre maison, nos enfants, nos amis, nos souvenirs : j’étais maintenant une personne extérieure. Elle m’a dit que ce qu’il y avait entre moi et LUI, ce n’était plus de l’amour : elle a parlé de la relation d’affection entre elle et son ex-lui à elle, pour expliquer comment ce serait entre moi et lui désormais.  Je me rappelle avoir protesté que ce n’était pas vrai car je l’aimais : je me suis débattue dans les justifications comme on s’enfonce dans des sables mouvants. 

Je n’ai pas compris ce qu’elle voulait : pas qu’il parte,  car il serait "trop malheureux". Elle n'a pas parlé de son attachement à moi mais de son attachement à « sa maison »  (comme si moi j’étais un meuble dedans ?). Et pour preuve sur cet attachement: « j’en ai tellement souffert moi ». Comment pouvait-elle revendiquer cette souffrance comme légitime, elle que j'avais accueillie justement dans cette « maison » comme une amie, notre maison à nous, à lui, à moi, aux enfants?

Puis elle a dit que cela était arrivé parce qu’ils étaient « seuls » et qu’ils avaient eu « besoin de bras » (mais mes bras à moi n’étaient ils pas là pour lui ?). Qu’il fallait l’écouter, car il « commençait juste à pouvoir parler » (mais pourquoi ne m’avait il pas parlé avant, moi qui croyait que j'étais sa meilleure amie ?).

J’ai pris tout de plein fouet : c’étaient des rapports non protégés. C’était la continuation de nos rôles respectifs : elle était la personne qui savait comprendre, moi pas, je venais lui demander conseil. Ma faim de comprendre aussi : elle avait des infos sur LUI que je n’avais pas, car il ne parlait pas. L’humilité imposée : elle avait quelque chose que je n’avais pas, puisqu’il la préférait à moi.

Ma faute à moi allait au-delà de mon rapport avec LUI, car nous avons parlé de mon fils. "Il est en manque de toi". J'étais une femme ratée, et aussi une mère ratée.

Je lui en ai longtemps voulu de m’avoir fait tant de mal ce jour là : car dans ma tête j’ai pris toute la responsabilité. Mais je suis arrivée à la conclusion que sa manipulation était inconsciente : elle était tout bonnement une psychologue apprentie et amateur, elle était tout bonnement une incompétente, je l'avais complètement surestimée. On m’a dit aussi que décharger la responsabilité sur l’autre pour gérer sa culpabilité est un comportement banal, que çà a même  un nom en psychanalyse, et que c’est en effet inconscient. Mais je crois que je lui en veux toujours car elle savait que j’étais vulnérable : si elle avait vraiment été celle que je croyais, elle aurait été grand seigneur, elle aurait été assez forte pour m’épargner.

Pour moi, ce n’était que l’aboutissement de l’absence totale d’instinct de conservation dont j’avais fait preuve jusque là (voir note). Une amie qui a lu ma note m’a parlé des lionnes qui protègent leurs petits, leur foyer, à l’approche d’une menace. J’ai été une très mauvaise lionne.

A la fin, elle a parlé de leur amour, comme si c’était quelque chose de « surnaturel », qui leur était tombé sur la tête à tous les deux. Et puis, devant sentir la culpabilité devenir insupportable, elle a proposé de « disparaître », mais en ajoutant que comme cela « il ne pourrait plus la poursuivre et la trouver ». Et elle m’a fait tellement de mal en disant cela.

Je l’ai quittée en l’embrassant, et une heure après je l’ai appelée en la remerciant et en lui disant que j’allais mieux: je ne comprends toujours pas aujourd'hui comment j'ai pu ressentir cela, alors que cette conversation n’a cessé de me tourmenter depuis.

Mais il n'y avait pas eu le pire: LUI m’a appelé dans l’après-midi. Il était furieux. Elle ne voulait plus lui parler. Il parlait comme un fou, il était désespéré : « mais que lui as-tu dit ? ». Et moi de raconter, accusée comme une petite fille qui avait fait une faute, un trouble-fête dans leur relation. En position de me justifier...pour m'en être pris plein la tête. Ma peine n'avait pas d'importance, j'étais la chose nuisible.

Cela a du s’arranger rapidement. Car le lendemain il me laissait en plan pour partir passer la soirée avec elle. C’était le vrai commencement de « la vie avec ELLE » (voir note).

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