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ELLE ou MOI: la question de l'ultimatum

Ultimatum2 J’avais vu ce film de Noemie Lvovsky, "Les Sentiments". Quand un des personnages apprend que sa femme l’a trompé, il part fou de colère. Et elle le poursuit en le suppliant. Et elle pleure, lui demande de lui pardonner. Et quand le mari accepte enfin, et que l'amant désespèré demande à la voir, elle refuse, de peur de mettre en péril l’amorce de confiance retrouvée.

Quand il m’a annoncé pour ELLE, cela ne s’est pas passé comme çà. Je ne suis pas partie, je ne lui ai pas demandé de partir: au contraire, il me parlait, me confiait sa souffrance, je le retrouvais. Je devais penser que maintenant les choses s’arrangeraient, puisqu’il était LUI de nouveau. Je pensais qu’il allait la quitter ?

Je ne lui ai pas demande de partir.  Il n’a pas envisagé du tout je crois de la quitter.

La longue torture de la vie avec ELLE a commencé. L’horreur absolue.

Il y a ces moments où je le savais avec elle, et où j’ai pensé fermer la porte pour qu’il ne puisse pas rentrer. Je l'imaginais en train de tambouriner à la porte. Mais j’en étais incapable, je voulais qu’il rentre, qu’il soit là, à la maison. Et je ne saurais quoi dire aux enfants.

Nous étions en Juillet. Je me disais : cela doit être réglé avant la fin des vacances, je ne pourrai jamais tenir après. Mes amis me regardaient très perplexes : « mais tu sais il est très attaché à elle, cela va prendre du temps.. » Plusieurs mois ? Mais je ne pouvais plus dormir, plus travailler, plus penser à autre chose?? Voir note sur "ma vie avec ELLE"

Alors évidemment s’est posée la question de l’ultimatum.

Tellement tentant : c’est ELLE ou MOI. Car je n’avais aucun doute que ce serait moi.. il resterait pour les enfants.. Mais je savais aussi qu’il penserait à elle tout le temps.. je ne pourrai pas le supporter. Non, il ne serait pas vraiment là.

Il pouvait aussi partir.. oui, il partirait peut être.

Il y avait une amie a moi qui me racontait qu’elle avait dit çà à son LUI à elle. Il faut dire qu’il n’y était pas allé de main morte : il lui avait dit « je veux passer la semaine avec toi, et le week-end chez elle ». Elle avait refusé, il était parti. Elle n’avait aucun regret sur sa décision. Mais elle a dit aussi : « la douleur ne s’arrête pas parce qu’il part, je pleurais les nuits dans mon lit, et cela a duré un certain temps ».

Un psychiatre me confirme : une fois qu’on a forcé l’autre à partir, on peut regretter, et la peine est très forte, on se dit que c’est de sa faute à soi s’il est parti.

Ainsi donc l’ultimatum ne permettrait pas de mettre fin à la douleur.

J’ai pensé à ces nuits à venir, ces nuits ou je regretterais de l’avoir mis dehors, car je savais que s’il partait, il ne reviendrait jamais. Je me disais : « c’est lui qui doit porter la décision du départ, pas moi ». Je ne pourrai pas porter cela.

Le même psychiatre me dit : « vous ne pouvez pas manipuler les autres, par contre, vous pouvez vous donnez des échéances à vous, des ultimatums à vous. Vous pouvez vous dire : je supporterais la souffrance jusqu’à tel moment, et après je refuserai de la supporter ». Une vue rassurante ma foi : il y aurait une fin.

Je me suis dit que j’allais me fixer un ultimatum à moi. Le moment où je n’en pourrais plus (mais comment être sure ?) ? L’anniversaire de mes 40 ans (6 mois à venir ?). Je me souvenais de la grande fête que ma mère avait organisée pour ses 40 ans, deux ans après la mort de mon père. Cette fête avait marqué  la fin du deuil, le démarrage d’une nouvelle vie.

Je n’ai pas fixé d’ultimatum a LUI.

Je lui ai dit que la décision de partir devait être la sienne, qu’il n’avait pas le droit d’être lâche, de me pousser à la prendre moi, de la décharger sur moi. Il m’a dit qu’il le comprenait. C’était Septembre. Il est parti en Octobre.

La vie avec ELLE a pris fin : l’impression de respirer de nouveau, même si la peine était là encore très forte. Une nouvelle liberté : quelle prison que le regard quotidien de quelqu’un qui dit ne pas pouvoir vous aimer...

En Mars, j’ai fait une très grande fête pour mes 40 ans.

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