Me rassurer: me prouver que je peux faire les choses par MOI-meme
Je n’avais jamais vécu seule, et tout ce que j’avais fait depuis vingt ans c’était avec LUI. Une de mes premières angoisses était une peur terrible de l’inconnu. Comme si ma vie si bien orchestrée et organisée, allait être bouleversée complètement.
Oui, c’est vrai, ma vie allait être bouleversée : j’étais en train de perdre mon meilleur ami, mon grand compagnon. J’avais tout fait avec lui : les sorties avec les enfants, le ski, la voile, les voyages, les dîners avec les amis, les sorties au cinema.
Mais il était important de réaliser qu’il n’avait pas construit toute ma vie. Ma vie avec LUI était d’abord mienne, j’avais grandement contribué à la construire aussi. Je pouvais être fière de moi.
Aussi je fis la liste des choses de ma vie que j’avais construites moi, et qui (pensée rassurante) n’allaient pas disparaître dans ma vie sans LUI : la liste des vacances que j’avais organisées moi, l’appartement que j’avais décoré moi, les amis que j’appelais régulièrement moi, les livres que j’avais lus moi, les choses que j’avais apprises aux enfants moi, les photos des meilleurs moments de notre vie, photos que j’avais prises moi et rangées dans mon album photo à moi. Et puis bien sûr mon travail à moi, mon salaire à moi, et des sous qui étaient à mon nom à moi.
C’ était lui qui partait, et c’était moi qui restais dans l’appartement. La précarité immédiate était pour lui, pas pour moi.
Mais, dans ma vie sans LUI, pourrais-je encore faire de grands voyages aventureux ? Pourrais-je prendre de grandes décisions sans lui demander son avis ?
Des pensées angoissantes me venaient pêle-mêle : mais c’est lui qui a le permis bateau.. C’est lui qui conduit la voiture dans la neige quand on part au ski… C’est lui qui est à la barre quand je suis au trapèze sur le catamaran qui file…
Il était important de comprendre, et de me prouver, que je pourrais, dans ma vie sans LUI, continuer à faire la plupart des choses que j’aimais.
Je me fis donc dans ma tête une liste et commençais un plan d’activités systématiques pour me prouver que je pouvais faire tout cela sans lui.
Dans les quelques mois qui ont suivi, j’ai donc accumulé :
- le passage du permis bateau (suivi de la location d’un gros hors-bord avec les enfants pour une journée dans la baie de Saint-Tropez.. !!)
- un séjour de ski avec les enfants à Zermatt (station où il n’avait jamais voulu aller, expédition en train avec les enfants avec 9 paquets !)
- le tour du Peloponèse au volant, toujours avec les enfants (oui je peux conduire longtemps en voiture, et même sur des routes sinueuses de montagne…)
- un baptême de parapente ( !!)
- une expedition en Floride avec changement de vol a Atlanta avec nuits en auberges de jeunesses, velo au milieu des alligators, et nage dans un bassin avec les dauphins
- un week-end avec shopping, theatre et tate modern avec ma grande fille a londres
- un safari en camping avec les petits au kenya (non, il n’est pas indispensable pour les expéditions difficiles à organiser et dans les pays difficiles)
Enfin, j’ai même pu sortir et barrer un magnifique catamaran dériveur en force 4 au large de Carnac, avec mes deux enfants au trapèze !!
Oui, il faut de l'argent pour faire tout çà, mais c'est de l'argent que je gagne moi.
Oui, a ce stade là c'est un peu exagere, un peu excessif
Mais je suis rassurée: c'est moi qui sais faire tout çà.


Bonjour,
Je ressens bien le vide que vous décrivez... N'ayez pas peur, après les nuits noires, froides, glauques, un matin de printemps va se lever, avec sa lumière neuve éclatante : tout sera à nouveau possible, et vous allez reconstruire !
Daniel
Rédigé par: dilane | le 07/09/2005 à 04:20