Attention: cette note parle de medicaments qui m'ont ete prescrits par un médecin à chaque fois après consultation, et sur ordonnance. Il va sans dire que c'est a votre medecin de determiner le traitement le mieux adapte a votre situation à vous.
« Je ne suis pas un héros ». Phase 2 : gérer la crise et arriver à travailler
Plusieurs personnes m’ont bien recommandé de ne pas abuser du lexomil : on ne peut pas le prendre sur une periode longue, c’est comme une drogue. Au bout de deux mois aussi, le problème du travail est devenu plus aigu.
La crise a éclaté fin juin, pour s’epanouir en Juillet. C’était l’été, mon agenda était moins chargé en réunions. Mais en revanche j’avais beaucoup de choses à lire, des « white papers » que nous voulions publier sur notre site et sur lesquels on me demandait des feed-backs.
Pendant les réunions, cela se passait bien, j’arrivais à suivre ce qui se passait, à participer, rester concentrée. Et puis dès que je sortais, dès que je n’étais pas en train de parler avec quelqu’un cela me retombait dessus. Rapidement, il s’est avéré que je ne pouvais donc pas lire, et donc faire la deuxième partie du travail. Un collègue a pris la tâche en me disant qu’il comprenait, mais aussi une certaine dose d’énervement.
En Septembre, l’agenda s’est retrouvé très chargé. J’avais accumulé maintenant beaucoup de travail en retard. Il devenait clair et visible pour de plus en plus de gens qu’il se passait quelque chose d’anormal. Je tournais en rond, ruminais les mêmes idées, les mêmes images. J’étais incapable de me concentrer ou d’accorder une vraie importance à des problèmes de travail.
Mon amie m’a donnée le nom d’un psychiatre spécialiste dans la prescription de médicaments. Un immeuble magnifique. Un monsieur d’un certain âge, dans un bureau plein de dessins et de tableaux accumulés. Un long interrogatoire puis un diagnostic. C’est une dépression. Le stilnox ni le lexomil ne peuvent vous aider sur le moyen terme. C’est une maladie, vous pouvez à force de volonté contrôler les symptômes, mais vous êtes malade, et çà vous ne pouvez pas agir dessus : c’est peut être d’origine psychologique mais c’est une vraie maladie qui a des conséquences physiologiques pour le corps, et on pense que ce n’est pas très bon pour le cerveau. J ‘hésite : j’ai entendu tellement de mal sur les anti-dépresseurs. Il me dit que je vais pouvoir dormir sans le stilnox, mais surtout que je vais pouvoir me concentrer, je vais de nouveau pouvoir travailler.
Le médicament s’appelle le deroxat (): ½ comprimé d’abord, le matin, des nausées, puis les nausées s’atténuent et on passe rapidement à un comprimé par jour. Je dors beaucoup. C’est comme si toute la fatigue accumulée me tombe dessus, plus besoin de stilnox, je suis en rattrapage de sommeil. Au bout de 15 jours, les choses se stabilisent. Je ne suis plus fatiguée, j’arrive lentement à pouvoir travailler. Pas complètement comme avant. Il me faudra 8 mois pour arriver à travailler normalement, une promotion de perdue, un zozo qui me prend ma place au dessus de moi. Moi qui ai eu le plus grand mal du monde à prendre la pilule contraceptive régulièrement (et ai du en désespoir de cause passer au stérilet), je n’oublie jamais mon deroxat. Il est devenu comme le symbole d’une bouée de sauvetage à laquelle je me rattache.
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